15 bonnes raisons de soutenir les agricultures familiales durables

La vision de l’agriculture de SOS Faim Belgique

Plusieurs modèles agricoles essayent de trouver la pierre philosophale afin de résoudre les problèmes d’insécurité alimentaire des pays pauvres. SOS Faim pense que les agricultures familiales durables (AFDs) peuvent répondre aux défis sociaux, environnementaux et économiques auxquels les systèmes alimentaires doivent faire face.

Les AFDs concernent près de 40 % des actifs de la planète, elles représentent le premier secteur d’emplois au monde. Les agriculteurs qui pratiquent les AFDs constituent aussi, paradoxalement, la grande masse des paysans en situation de pauvreté et d’insécurité alimentaire.

Alors pourquoi SOS Faim persiste à penser que les AFDs représentent la marche à suivre ? Pour 15 raisons :

Parce que, loin d’être rétrogrades, les AFDs ont une réelle vocation entrepreneuriale. Les premiers investisseurs en matière agricole sont les producteurs familiaux eux-mêmes. S’ils parviennent à dégager des marges financières dans la vente de leurs produits sur les marchés, les producteurs familiaux réalisent des investissements dans leurs exploitations

Parce que les AFDs forment la base sociale de la plupart des pays en développement et représentent la principale forme d’organisation de l’agriculture à travers le monde, contribuant à l’approvisionnement des marchés domestiques mais aussi internationaux

Parce que les AFDs assurent près de 80 % de la production agricole alimentaire en Afrique et en Asie, 98 % de la production vivrière en Afrique subsaharienne, et près de la totalité de la production de coton, de cacao et de café.

Parce que les AFDs peuvent rencontrer les besoins alimentaires des populations du Sud et du Nord et autoriser une vie décente aux producteurs, tout en respectant l’environnement et en promouvant une gestion optimale des ressources naturelles.

Parce que les AFDs occupent des milieux et des territoires très diversifiés : elles manifestent ainsi une grande capacité d’adaptation par leur connaissance des milieux, en valorisant notamment des territoires fragiles, non accessibles à une agriculture industrialisée.

Parce que les AFDs permettent aux paysannes et aux paysans de développer leur autonomie de décision dans leurs exploitations.

Parce que les AFDs promeuvent des approches associatives et coopératives de l’engagement professionnel dans le secteur agricole.

Parce que les AFDs sont inclusives et conçues pour tenir compte de toutes les activités agricoles, d’élevage, de pêche et de foresterie.

Parce que les AFDs sécurisent le droit à l’accès à la terre pour cultiver et pour nourrir.

Parce que les AFDs promeuvent une approche durable de l’agriculture sur les plans social, économique, environnemental et nutritionnel.

Parce que les agricultures familiales permettent à chaque productrice et à chaque producteur, d’accéder aux ressources et de trouver sa place dans le secteur agricole. Le travail fourni par l’ensemble des travailleurs sur l’exploitation doit satisfaire aux critères d’un travail décent. Une agriculture socialement durable permet aux productrices et aux producteurs de tirer de leurs activités des revenus contribuant à faire vivre décemment leur famille.

Parce que la durabilité sociale des AFDs s’appuie sur la durabilité économique de prix rémunérateurs et sur des appuis résultant de politiques publiques intégrant les intérêts des agricultures familiales.

Parce que les AFDs peuvent garantir une rétribution équitable du travail fourni par tous. La couverture des coûts de production directs et des coûts d’investissements permet en effet à l’exploitation de se développer, de se transformer et d’améliorer sa productivité.

Parce que l’agroécologie est une référence pour les AFDs. Elles prennent en compte l’impact des techniques de production sur les ressources naturelles. Elles permettent à ces ressources de se renouveler et d’être conservées de manière pérenne.

Parce que le soutien aux AFDs est jugé prioritaire par les mouvements paysans partenaires de SOS Faim en Afrique et en Amérique latine.

Les mouvements paysans aspirent en effet à une reconnaissance de leur rôle économique dans l’espace rural et dans l’économie nationale. Ils sont des acteurs incontournables dans la satisfaction des besoins alimentaires de leurs pays. Ils sont conscients des potentialités agricoles que recèle le secteur rural.

Les autorités politiques doivent donc prioriser une agriculture qui rencontre les besoins alimentaires et nutritionnels des populations, dans le cadre d’un système alimentaire durable. Cela signifie que les organisations paysannes doivent être pleinement impliquées dans la gouvernance du secteur agricole aux différents niveaux de pouvoir. Leur implication sera le garant d’une politique agricole efficace, solide et transparente.