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L'agroforesterie au Sahel, une solution pour les agriculteurs face aux changements climatiques

Agroécologie • 28 septembre 2020

De juillet à octobre, les populations du Sahel cultivent leur alimentation pour l’année. Une saison des pluies courte et de plus en plus incertaine avec les changements climatiques. La forte croissance démographique de la région a également des conséquences non négligeables sur l’environnement. Implémenter des systèmes
agroforestiers est alors une aubaine pour les agriculteurs.

Au Sahel, l’agroforesterie mobilise aujourd’hui des dizaines de milliers d’agriculteurs. La plantation d’arbres parmi les cultures à de multiples bénéfices : optimisation de la fertilité des sols*, ombrage ou augmentation de l’humidité et de la pluviométrie locale grâce à l’évapotranspiration des arbres, préservation de la biodiversité, etc.

Les acacias, par exemple, sont ainsi couramment plantés dans les champs sahéliens. Ils fournissent également du bois aux populations et du fourrage au bétail, leur présence dans un champ limite l’attaque de ravageurs et le rendement du mil qui pousse sous ses couronnes est trois fois plus important qu’en plein soleil.

Ce verdissement du paysage participe également à la lutte contre la désertification entreprise par l’initiative panafricaine de la Grande Muraille Verte (GMV). Couvrant une bande de 15 km de large et 7600 km de long (soit 11.7 millions d’ha) où les précipitations sont inférieures à 400 mm/an, cette plantation massive d’arbres a aussi pour but de répondre au bien-être environnemental et socio-économique des populations qui dépendent de ses ressources, via des jardins communautaires gérés par des femmes, le développement de l’apiculture… La reforestation de cette zone aride répond aux Objectifs du Développement Durable établis par les Nations Unies : « préserver et restaurer les écosystèmes terrestres, (…), lutter contre la désertification, (…) et mettre fin à l’appauvrissement de la biodiversité ». Il est donc important de valoriser les espèces qui s’y développent naturellement mais aussi de diversifier les espèces. Et l’agroforesterie trouve d’autant plus son intérêt dans un contexte  climatique sahélien instable et incertain.

*Enrichissement en matières organiques et formation d’humus grâce aux feuilles qui tombent, amélioration de l’activité biologique et remontée par les racines profondes d’éléments minéraux.

 

Rédactrice : Aurore de Mahieu