SEXAGON

Sans terre, la sécurité alimentaire des paysans maliens est gravement menacée

Au Mali, les riziculteurs ne sont pas propriétaires de leurs terres et doivent chaque année payer une redevance … Si leur récolte a été mauvaise et qu’ils n’ont pas de quoi payer, ils sont expulsés de leurs terres. Si les paysans maliens n’ont plus de parcelles, ils ne peuvent plus produire et donc subvenir à leurs besoins ainsi qu’à ceux de leur famille. Face à ces injustices, les petits producteurs se sont regroupés pour créer le Syndicat des Exploitants Agricoles de l’Office du Niger (SEXAGON) afin de défendre leurs intérêts. Créé en 1996, il regroupe 15 500 paysans et ses objectifs sont les suivants :

  • renforcer l’accès des agriculteurs à la terre et à l’eau ;
  • mener des actions de plaidoyer visant à augmenter la taille de leurs exploitations;
  • faire des propositions de mécanismes de gestion concertés de la terre et de l’eau dans la zone de l’Office du Niger ;

Bref, mener une défense constructive de la situation des riziculteurs familiaux dans la zone très convoitée de l’office du Niger.

« L’agriculteur est celui qui nourrit le monde, il importe de le mettre dans de bonnes conditions pour qu’il puisse continuer cette tâche ». Faliry Boly, Secrétaire Général du SEXAGON.

Les efforts du SEXAGON portent leurs fruits

Grâce à une étude économique, intitulée « Paysans investisseurs », commanditée par le SEXAGON et cofinancée par SOS Faim, le SEXAGON a pu proposer au gouvernement malien la mise en place d’un projet foncier innovant. Il propose que les exploitants participent partiellement au financement des aménagements hydro-agricoles de leur zone. En échange de cette participation, les petits producteurs recevraient un bail de longue durée (50 ans). Cela leur garantirait donc un accès à la terre et à l’eau sur le long terme et leur permettrait d’augmenter la taille de leur exploitation qui, pour l’instant est insuffisante pour être rentable. Ces principes défendus par le SEXAGON ont reçu un écho positif de l’Office du Niger qui a réservé une parcelle de 4.000 ha pour mener un test pilote.

Produire plus de riz tout en respectant l’environnement

Une technique de riziculture a été testée en 2013 par le SEXAGON qui a permis d’augmenter les rendements de 19% à 73% selon les zones de production. Le SRI (Système de Riziculture Intensive) est une technique qui permet de limiter l’utilisation d’eau, d’engrais minéraux et de semences tout en augmentant les rendements et en limitant les émissions de gaz à effet de serre. C’est également une technique intéressante en contre-saison car la disponibilité en eau à cette époque est parfois limitée. Nous désirons diffuser cette technique plus largement afin de permettre à un plus grand nombre de riziculteurs d’adopter ce mode de production efficace et durable.