SOS Faim
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SOS Faim et Nao s'engagent ensemble pour le cacao

chocolat • Pérou • Agroécologie • 8 octobre 2019

Nao s’engage aux côtés de SOS Faim pour les producteurs de cacao au Pérou. La seconde s’occupe de l’organisation via son partenaire la Central Café y Cacao du Pérou pendant que le premier prend en charge le financement. Une formation de goûteur de cacao qui permettra de structurer une filière plus écologique, pourvoyeuse d’emplois pour les jeunes et génératrice de meilleurs revenus. Histoire d’une collaboration pleine de sens.  

Créée en 2015, Nao est née de la volonté de proposer un chocolat belge, bio, artisanal et disponible en vrac. Vous avez peut-être déjà vu leurs tablettes dans votre magasin favori, dans de jolis meubles créés spécialement pour elles. Mais l’engagement de l’entreprise va au-delà de ses produits : en plus de favoriser la mise à l’emploi de personnes moins qualifiées et de solliciter des partenariats avec des entreprises de travaux adaptés, elle s’investit également dans des actions de sensibilisation des jeunes ou encore de réduction des déchets.

Pour SOS Faim, le partenariat est une véritable philosophie puisque c’est ainsi que nous travaillons sur le terrain : nous n’envoyons pas d’expatriés mais nous soutenons une cinquantaine d’organisations partenaires en Afrique et en Amérique latine pour accompagner les populations vers l’autonomie et leur permettre d’être actrices de leur propre développement.

De notre rencontre est alors née l’idée d’organiser ensemble une formation de goûteurs de cacao : SOS Faim prend en charge l’organisation, via son partenaire au Pérou la Central Café y Cacao et Nao s’occupe du financement. Il y a en effet un réel besoin et une forte demande de renforcer les compétences locales en la matière afin de :

  • pouvoir mieux négocier avec les acheteurs de cacao par une meilleure connaissance de la qualité du cacao au moment de la vente,
  • améliorer globalement la qualité du cacao produit au Pérou, en valorisant les variétés anciennes sélectionnées pour leur qualité organoleptique, afin de consolider la place du pays au niveau international, en particulier sur le secteur du cacao fin,
  • améliorer la qualité du chocolat transformé au Pérou dans un contexte d’augmentation de la consommation nationale, mais dont le marché est principalement aux mains d’industriels qui produisent des chocolats de très mauvaise qualité[1]. Parallèlement, le pays connaît un développement de chocolateries artisanales et un segment de consommateur (essentiellement issu des classes moyennes urbaines) de plus en plus gourmet.

Le bénéfice de ce type de formation va donc au-delà du renforcement de compétences individuelles et contribue à la structuration de la filière de cacao fin au Pérou, qui, elle-même, permet de :

  • lutter contre la déforestation et préserver la biodiversité, par la valorisation de variétés locales cultivées de manière biologique au détriment des variétés hybrides (type CCN 51) à croissance rapide qui nécessitent un fort usage d’intrants et érodent les sols;
  • pour les producteurs, obtenir de meilleurs revenus par une qualité différenciée de leur production et, en particulier d’offrir aux jeunes qui ont tendance à migrer vers les zones urbaines des perspectives économiques de la culture du cacao,
  • capter davantage de valeur ajoutée au niveau local ou national, en promouvant une transformation du cacao en chocolat au niveau national et offrir ainsi des opportunités d’entrepreneuriat.

 ET CONCRETEMENT ?

Notre partenaire, la Central Café y cacao, a déjà organisé ce type de formation par le passé. Aujourd’hui, 6 coopératives certifiées en bio et en commerce équitable ont ainsi déjà été sélectionnées avec, pour chacune d’entre elles, trois participants en moyenne. Ce seront principalement des responsables de contrôle qualité au sein de ces coopératives, ainsi que des producteurs intéressés.

La formation durera 4 jours et aura lieu à Lima, en octobre ou novembre. SOS Faim pourra ainsi assurer un suivi de la mise en place et du déroulement de la formation, puisque notre antenne péruvienne y est basée et qu’elle entretient des relations très régulières avec notre partenaire.

Bravo à Nao pour cette belle initiative, concrète et porteuse de sens et rendez-vous dans 2 mois pour un bilan de la formation.

POUR ALLER PLUS LOIN

LA FILIERE CACAO AU PEROU

Au Pérou, quasi la totalité (99.9%) des producteurs de cacao sont des petits producteurs familiaux[2] qui travaillent sur des surfaces limitées, moins de 10 hectares. Bon nombre d’entre eux sont associés en coopératives, ce qui leur permet de réduire les coûts, d’avoir accès à des services d’assistance technique et au marché. Ces coopératives remplissent également une fonction sociale au sein de leur communauté et agissent comme de vrais acteurs de l’économie sociale, en étant axées sur les valeurs de solidarité, de transparence et de gestion démocratique.

Le Pérou n’est pas un très grand producteur de cacao en volume (comparé aux pays producteurs africains), néanmoins c’est l’un des principaux pays exportateurs de cacao biologique, et le premier pour ce qui est du cacao avec la double certification biologique et commerce équitable. Le Pérou se positionne ainsi plutôt sur un marché de niche qualitatif certifié.

L’ACTION DE SOS FAIM AU PEROU

SOS Faim a une antenne au Pérou, basée à Lima, depuis plus de 20 ans. Historiquement, SOS Faim y appuie depuis le début le secteur du café et du cacao, en particulier via des coopératives. Notre action vise le renforcement de ces filières aux niveaux technique (promotion de variétés anciennes, amélioration de la production, certification biologique et équitable), financier (améliorer les services financiers en faveur du secteur) et institutionnel.

[1] https://gestion.pe/economia/7-peruanos-comido-chocolate-real-vez-vida-138115

[2] Chiffres 2017. Source : APPCACAO (voir https://agraria.pe/noticias/el-93-de-la-produccion-peruana-de-cacao-se-concentra-en-7-re-16171)