SOS Faim, main dans la main avec les organisations paysannes d’Afrique de l’Ouest, pour dire NON aux APE en Afrique de l’Ouest

Des représentants d’organisations paysannes[1] membres du Réseau des Organisations Paysannes et de Producteurs agricoles d’Afrique de l’Ouest (ROPPA) et partenaires de SOS Faim étaient  à Bruxelles les 3 et 4 décembre dernier  pour interpeler les parlementaires européens sur les dangers de l’Accord de Partenariat Économique (APE) en cours de ratification entre l’UE et l’Afrique de l’Ouest.

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APE = Accord de Paupérisation Économique

Les mesures néfastes de cet APE portent en premier lieu sur la suppression des taxes à l’importation portant sur 75% de lignes tarifaires qui correspondent à 82% de la valeur des importations dans les 16 pays d’Afrique de l’Ouest. Cette libéralisation entrainera une diminution drastique des recettes des États qui comptent pourtant largement sur ces rentrées dans leur budget national (entre 30 et 40% du budget national), pour mener à bien leur politique de développement (entre autres, les politiques agricoles…).

Mais l’APE sapera aussi le développement de l’Afrique de l’Ouest en mettant encore davantage en concurrence  les produits agricoles africains qui bénéficient rarement de subventions publiques et les produits européens fortement subsidiés.

Par exemple, la filière lait encore embryonnaire mais prometteuse pour les éleveurs est particulièrement concernée, puisque les taxes aux importations sur le lait en poudre passeront de 5% à 0%, sans compter que dans le même temps l’UE abandonnera ses quotas ce qui fera exploser la production européenne et rendra criant le besoin d’exportation, aggravant encore la mise en concurrence entre le lait local africain, et le lait en poudre européen.

Et les mesures de sauvegarde et de transition n’atténueront en rien les impacts négatifs de l’APE en termes de perte de développement économique et de paupérisation, avec toutes les conséquences qui en découlent : exode rural, insécurité, migration, etc.

L’APE va aussi déconstruire les bases de l’intégration régionale

La signature de l’APE intervient  aussi à un moment où le marché de la sous-région est  bien lancé mais encore embryonnaire. Or, la constitution d’un marché régional doit se faire de l’intérieur, comme l’Europe s’est d’ailleurs construite d’ailleurs. L’approche agressive de l’UE consistant à imposer à l’Afrique de l’Ouest de s’ouvrir aux produits européens n’est pas acceptable et risque de déconstruire les avancées réalisées par la région ; détournant le commerce intra-régional, au profit du commerce avec l’Europe.


Un cri du cœur des producteurs pour tirer l’alarme

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Léopold Lokossou prend la parole lors de l’APP (Assemblée Parlementaire Paritaire) qui s’est tenu à Strasbourg début décembre.

Les OP, depuis le début des négociations en 2002 s’évertuent à s’opposer à l’APE. Sous la pression de l’UE, les négociateurs ouest africains ont fini par signer le texte de l’APE en juillet dernier et il est prévu qu’à la mi- décembre, le Conseil européen, et les chefs d’États d’Afrique de l’Ouest se prononcent sur l’APE. Ensuite les parlements des deux régions auront à ratifier l’accord. À l’occasion de leur mission en Belgique, une délégation de producteurs agricoles a rencontré les parlementaires européens pour tirer la sonnette d’alarme, et leur demander avec insistance de refuser de ratifier cet APE.

En savoir plus ?

[1]CPF- Confédération paysanne du Faso, CNOP-Coordination nationale des organisations paysannes du Mali, PFPN-Coordination nationale de la Plate-forme paysanne du Niger, PNOPPA- Plate-forme nationale des organisations paysannes et des producteurs agricoles du Bénin, CNCR- Conseil national de concertation et de coopération des ruraux du Sénégal

Lire la Lettre des organisations de producteurs aux parlementaires

Lire le Document sur les Accords de Partenariats Economiques entre l’UE et les pays ACP