SOS Faim
Faire un don

Trois femmes et trois visions pour l'avenir

Femmes et agriculture • 8 mars 2020

DÉFIS SUD & SUPPORTERRES

Où voyez-vous les agricultrices du monde dans la transition agricole ? Une paysanne de la nouvelle décennie, vous l’imaginez comment ? Ces deux questions ont été posées à trois femmes d’horizons différents, une Indienne, une Belge et une Burkinabé.

Les entretiens complets paraîtront prochainement dans la revue SUPPORTERRES de SOS Faim.

Wekoweu Tsuhah, Directrice au North East Network (NEN), du Nagaland (Inde) et  membre du Forum National des Droits des Agricultrices en Inde (Mahila Kisan Adhikaar Manch)

Photo : UN Women/Ryan Brown

« Pour les agricultrices nous demandons l’équité. Les agricultrices assurent la sécurité alimentaire et protègent la biodiversité. Elles apprennent à s’adapter aux conséquences du changement climatique. Elles cherchent à transformer leur produit pour vendre des nouveautés sur le marché. Elles cherchent à avoir la machinerie qui peut les aider à gagner du temps et soulever le poids des corvées. Elles cherchent à pouvoir soutenir leurs enfants dans leur éducation. L’agriculture doit être revalorisée, pour tout le monde, pas que pour les femmes rurales. Globalement, on veut avoir accès à la technologie, aux marchés, et être écouté en tant que savantes de l’agriculture pour produire des cultures résilientes au changement climatique. Nous avons les solutions, nous demandons à être reconnues et écoutées par les politiciens. »

Isabelle Martin, agricultrice belge et éleveuse de bovins, membre de la FUGEA

« Je pense que les femmes sont davantage sensibles aux messages que véhicule l’agroécologie. Elles travaillent à la ferme pour nourrir leur famille et pas pour nourrir le monde… Je croise parfois des jeunes femmes qui ont fait le choix d’être agricultrice. Je les trouve bien dans leur tête, bien dans leur ferme et dans leur projet de vie. Elles font plaisir à voir !

La paysanne de la nouvelle décennie fait le choix de sa profession. Elle n’est pas agricultrice par défaut. Elle n’est plus ‘’le conjoint-aidant‘’. Elle a un solide bagage théorique pour développer une vision globale : comptabilité, gestion, agronomie, politiques agricoles, écologie, environnement, etc. Pas forcément universitaire, le bagage peut être acquis en cours du soir, à travers des conférences, des stages et des partages de savoir. Ce bagage est utile pour pouvoir tenir tête. Elle a des passions en-dehors de l’agriculture et se donne du temps pour les pratiquer. »

Hindatou Amadou, responsable plaidoyer et genre de l’Association pour la promotion de l’élevage au Sahel et en savane (APESS).

« On ressent de plus en plus l’énergie des femmes leader dans l’agriculture. Des femmes s’expriment dans leurs entreprises agricoles et dans la politique. Il y a eu beaucoup de progrès. Jusqu’il y a quelques années, on ne voyait presque pas de femmes dans les instances des organisations paysannes. L’APESS a décidé d’impliquer les femmes dans ses sphères de décision (…) Le conseil le plus important à donner aux femmes est d’innover.  Il faut qu’elles entreprennent, qu’elles créent et s’unissent afin de créer une force collective. Il faut qu’elles soient dans la recherche du meilleur. »

Pour recevoir SUPPORTERRES, envoyez un mail à : ghi@sosfaim.ong