Yagouba est un jeune chef de famille. À 35 ans, il est à la tête de son exploitation agropastorale, située au nord du Sénégal, dans la réserve du Ferlo. Comme tous les Peuls, l’ethnie à laquelle il appartient, il ne dit jamais de combien de têtes son troupeau est composé. C’est tabou. Mais Yagouba détient de nombreux moutons, des chèvres et des vaches. Il se définit avant tout comme éleveur mais il est aussi agriculteur. Pour assurer la sécurité alimentaire de sa famille, il cultive du mil et de l’arachide pendant l’hivernage.

Lorsque Yagouba s’est installé avec sa famille, il détenait un troupeau de petite taille et ses activités agricoles ne couvraient que la moitié des besoins alimentaires de sa famille. Utilisant des semences de mauvaise qualité, ses rendements étaient médiocres. Par ailleurs, dans cette zone aride, les éleveurs comme Yagouba doivent régulièrement parcourir des dizaines de kilomètres avec leurs troupeaux pour trouver des pâturages. Difficile dans ses conditions d’assurer la pérennisation du troupeau, de l’exploitation et donc de la famille.

Dans cette région isolée, où l’information peine à arriver et où la formation est quasiment inexistante, Yagouba ne voyait pas comment s’en sortir et songeait à abandonner son travail agricole pour rejoindre la ville. Puis il s’est vu proposer par l’EGAB un accompagnement pour tenter de développer son activité et être en mesure de nourrir sa famille.